Piercing et irm : le guide complet pour une sécurité optimale

Publié le 22 juillet 2025

Vous devez passer une imagerie par résonance magnétique (irm), mais une question vous taraude : que faire de votre piercing ? C'est une préoccupation légitime et très fréquente. Entre les rumeurs d'arrachement et les risques de brûlures, il est difficile de démêler le vrai du faux. Faut-il systématiquement enlever tous ses bijoux corporels ? Quels sont les matériaux compatibles ? Comment gérer un piercing impossible à retirer ?

Cet article complet est votre guide ultime pour aborder votre examen irm en toute sérénité, même avec un ou plusieurs piercings. Nous allons analyser en détail les risques, les matériaux, les procédures à suivre et répondre à toutes les questions que vous vous posez. L'objectif : garantir votre sécurité tout en préservant vos précieux piercings.

Illustration 1 piercing irm

Qu'est-ce qu'une irm et pourquoi les piercings posent-ils problème ?

Avant de plonger dans le vif du sujet, il est essentiel de comprendre le fonctionnement d'une irm et son interaction potentielle avec les objets métalliques.

Le principe de l'imagerie par résonance magnétique (irm)

L'irm est une technique d'imagerie médicale de pointe qui permet d'obtenir des vues en 2d ou 3d de l'intérieur du corps avec une précision remarquable. Contrairement au scanner ou à la radiographie, elle n'utilise pas de rayons x. Son fonctionnement repose sur deux éléments principaux : un champ magnétique extrêmement puissant et des ondes de radiofréquence. L'aimant de l'appareil irm est des milliers de fois plus puissant que l'aimant d'un réfrigérateur, créant un environnement où les objets métalliques peuvent réagir de manière imprévisible et dangereuse.

L'interaction entre les métaux et le champ magnétique de l'irm

Le principal problème vient des métaux dits "ferromagnétiques", c'est-à-dire ceux qui sont fortement attirés par un aimant (contenant du fer, du nickel, du cobalt...). Lorsqu'un bijou composé de ce type de métal est introduit dans le champ magnétique de l'irm, plusieurs phénomènes peuvent se produire, allant de la simple gêne au risque grave.

Les risques réels d'un piercing pendant une irm

Ignorer les consignes de sécurité concernant les piercings avant une irm n'est pas anodin. Les risques, bien que rares grâce aux protocoles stricts, sont bien réels et doivent être pris au sérieux.

  1. brûlures et échauffements (effet d'antenne) : c'est le risque le plus courant. Les ondes de radiofréquence utilisées pendant l'examen peuvent faire chauffer le métal du piercing, un peu comme une antenne qui capte des ondes. Cette chaleur peut provoquer des brûlures cutanées de différents degrés autour du site du piercing.
  2. déplacement ou arrachement du bijou : si le piercing est en métal ferromagnétique, le puissant aimant de l'irm peut l'attirer violemment. Ce "projectile effect" peut causer une douleur intense, des déchirures de la peau et endommager l'appareil irm.
  3. artéfacts sur les images médicales : même si le piercing ne bouge pas et ne chauffe pas, sa présence peut déformer les images de l'irm, surtout s'il est situé dans la zone examinée. Ces "artéfacts" sont des zones noires ou déformées qui peuvent masquer des informations cruciales et rendre l'examen ininterprétable par le radiologue, obligeant à le refaire.

Mon piercing est-il compatible avec une irm ? La question du matériau

La compatibilité d'un piercing avec une irm dépend quasi exclusivement de son matériau. Tous les métaux ne réagissent pas de la même manière au champ magnétique.

Les métaux à proscrire absolument

Certains matériaux sont à bannir pour un examen irm. Malheureusement, ils sont parfois utilisés dans des bijoux de piercing bas de gamme.

  • l'acier dit "chirurgical" (316l) : attention, c'est le plus piégeux ! Bien que très répandu, la plupart des aciers chirurgicaux contiennent du nickel et sont légèrement ferromagnétiques. Par précaution, ils sont quasi systématiquement refusés.
  • l'hématite ou les bijoux aimantés.
  • Tout bijou dont la composition est inconnue.

Les matériaux généralement sans danger pour une irm

Heureusement, des alternatives sûres existent et sont d'ailleurs recommandées par les pierceurs professionnels pour la cicatrisation et le port quotidien.

  • le titane (grade implantable astm f-136) : c'est le matériau de choix. Le titane est non ferromagnétique (paramagnétique), il n'est donc pas attiré par l'aimant et ne chauffe pas. C'est le matériau le plus sûr pour une irm.
  • l'or (14 ou 18 carats) : l'or pur n'est pas magnétique. Attention cependant aux alliages de basse qualité ou à l'or plaqué sur un autre métal. L'or massif 14k ou 18k est généralement considéré comme sûr.
  • le platine : tout comme l'or et le titane, le platine est un métal sûr pour l'irm.
  • le niobium : similaire au titane, il est également biocompatible et non magnétique.
  • le bioplastique, le ptfe ou le verre : ces matériaux ne contiennent aucun métal et sont donc 100% compatibles avec une irm. Ils sont une excellente solution de remplacement temporaire.

Comment connaître la composition de son piercing ?

Si vous avez un doute, la meilleure solution est de retourner voir votre pierceur professionnel. Il pourra souvent identifier le matériau ou vous fournir un certificat de conformité si le bijou a été acheté chez lui. N'essayez pas le "test de l'aimant" chez vous, il n'est pas assez fiable.

Guide pratique : que faire avant de passer une irm avec un piercing ?

L'anticipation est la clé. Voici les étapes à suivre dès que vous avez votre rendez-vous pour une irm.

  • étape 1 : contacter le centre d'imagerie C'est le premier et le plus important des réflexes. Appelez le secrétariat du service de radiologie où vous allez passer votre examen. Expliquez-leur quels piercings vous portez (localisation, matériau si vous le connaissez). Chaque centre a sa propre politique, certains appliquant un principe de précaution maximal en demandant le retrait de tous les piercings, quel que soit le matériau.
  • étape 2 : identifier le matériau de son bijou Comme vu précédemment, contactez votre pierceur. C'est une information cruciale pour le personnel médical.
  • étape 3 : retirer le piercing si possible Si votre piercing est facile à enlever et complètement cicatrisé, la solution la plus simple est de le retirer juste avant l'examen et de le remettre juste après. Prévoyez une petite boîte pour le ranger en sécurité.
  • étape 4 : la solution du retainer en plastique ou en verre Si vous craignez que le trou ne se rebouche (surtout pour un piercing récent), demandez à votre pierceur de vous poser un "retainer". C'est un bijou de maintien transparent en plastique (bioplast, ptfe) ou en verre, totalement invisible aux ondes et qui gardera votre canal ouvert pendant l'examen.

Cas particuliers : les piercings difficiles à enlever

Certains piercings représentent un véritable casse-tête au moment de l'irm.

Le piercing microdermal et l'irm

Le piercing microdermal est implanté sous la peau, et seule la partie supérieure (le bijou vissable) se retire. La base, elle, reste en place. Il est impératif que cette base soit en titane de grade implantable. Si c'est le cas, il suffit de dévisser le strass ou le bijou de surface. Si vous avez le moindre doute sur le matériau de la base, parlez-en au radiologue. Une radio peut parfois être faite pour vérifier.

Les piercings intimes ou de cartilage récents

Un piercing en cours de cicatrisation ne doit idéalement pas être retiré. Le retrait et la remise peuvent être douloureux, introduire des bactéries et compromettre la cicatrisation. C'est dans ce cas que le remplacement par un retainer en bioplast chez votre pierceur devient la meilleure option.

Que faire si le retrait est impossible ?

Si, pour une raison ou une autre, un piercing métallique ne peut être retiré, la décision finale revient au radiologue. Il évaluera le rapport bénéfice/risque. Si le piercing est loin de la zone à examiner et qu'il est en matériau jugé sûr (comme le titane), l'examen pourra parfois avoir lieu. Dans le cas contraire, il pourra être reporté.

L'avis des professionnels : que disent les radiologues et les pierceurs ?

Les deux professions sont unanimes : la sécurité prime.

  • les radiologues appliquent le principe de précaution. En l'absence de certitude sur le matériau, ils demanderont toujours le retrait. Leur responsabilité est engagée, et ils ne prendront aucun risque pour le patient ou pour leur matériel coûteux.
  • les pierceurs professionnels insistent sur l'importance de la qualité des bijoux. Ils recommandent le titane non seulement pour sa biocompatibilité mais aussi pour sa compatibilité avec les examens médicaux. Ils sont votre meilleur allié pour identifier un matériau ou pour poser un retainer de manière stérile.

Faq - questions fréquentes sur les piercings et l'irm

1. Puis-je passer une irm avec un piercing en titane ? En théorie, oui. Le titane de grade implantable (astm f-136) est non magnétique et sûr. Cependant, vous devez impérativement informer le centre d'imagerie. Certains établissements peuvent quand même demander son retrait par principe de précaution ou si le bijou se trouve dans la zone d'examen.

2. Un piercing en or est-il dangereux pour l'irm ? L'or massif 14 ou 18 carats est considéré comme sûr car non ferromagnétique. Le risque vient des bijoux en plaqué or, où le métal de base peut être magnétique. La prudence est donc de mise.

3. Que se passe-t-il si j'oublie d'enlever mon piercing ? Le personnel médical effectue normalement une dernière vérification avant de vous faire entrer dans la salle. Si un piercing métallique ferromagnétique est oublié, les risques sont ceux décrits plus haut : brûlures, déplacement, images inexploitables. Ne cachez jamais un piercing au personnel.

4. Les tatouages posent-ils le même problème que les piercings ? C'est une excellente question. Oui, certains tatouages, surtout les plus anciens et ceux de couleur rouge ou noire, peuvent contenir des encres à base d'oxydes de fer. Des cas de brûlures légères ont été rapportés. Il est important de signaler également vos tatouages.

5. Comment garder mon trou de piercing ouvert pendant l'irm ? La meilleure solution est le "retainer", un bijou de maintien en plastique (bioplast, ptfe) ou en verre. Demandez à votre pierceur de vous en poser un avant l'examen. C'est une solution sûre et peu coûteuse.

6. Mon piercing au nombril est-il un risque pour une irm cérébrale ? Même si le piercing est loin de la zone examinée (tête), le risque de brûlure par effet d'antenne existe toujours. De plus, le champ magnétique de l'appareil est global. La règle reste la même : on l'enlève ou on le remplace par un matériau sûr, après avoir prévenu l'équipe médicale.

7. Le personnel médical peut-il m'aider à enlever mon piercing ? Généralement, non. Le personnel soignant n'est pas formé pour manipuler les piercings, surtout les plus complexes. C'est à vous de pouvoir le retirer ou de vous rendre chez un pierceur au préalable.

Illustration 2 piercing irm

Conclusion : anticiper et communiquer pour une irm sans stress

Passer une irm avec un piercing n'est pas une fatalité. La clé du succ��s réside en deux mots : anticipation et communication. N'attendez pas le jour j pour vous poser la question.

Dès la prise de rendez-vous, contactez le centre d'imagerie et votre pierceur. Identifiez le matériau de votre bijou et prévoyez une solution de remplacement sûre comme un retainer si le retrait est nécessaire. En cas de doute, le principe de précaution doit toujours l'emporter : retirez le bijou. Votre santé et la qualité du diagnostic médical sont prioritaires. En suivant ces conseils, vous aborderez votre irm en toute connaissance de cause, garantissant à la fois votre sécurité et la tranquillité d'esprit du personnel soignant.