Tatouage qui dégorge : causes, solutions et conseils pour une cicatrisation parfaite
Vous venez de réaliser le tatouage de vos rêves, mais un phénomène inattendu vous inquiète : votre peau semble rejeter de l'encre. Un tatouage qui dégorge, qui suinte ou qui "bave" est une expérience courante, surtout pour les novices. Si voir de l'encre s'échapper de votre nouvelle œuvre d'art corporelle peut être alarmant, il s'agit le plus souvent d'une étape normale du processus de guérison.
Cependant, comment distinguer un suintement bénin d'un signe de complication ? Quelles sont les causes exactes de ce déversement d'encre et, surtout, comment réagir pour garantir une cicatrisation optimale et un résultat final impeccable ?
Ce guide complet explore en profondeur le phénomène du tatouage qui dégorge. Nous démystifierons les causes, vous fournirons un plan d'action étape par étape et vous donnerons toutes les clés pour prendre soin de votre peau et préserver la beauté de votre tatouage.

Qu'est-ce qu'un "tatouage qui dégorge" exactement ?
Un "tatouage qui dégorge" est un terme populaire pour décrire le processus où un excès d'encre, de plasma et parfois de sang suinte de la peau dans les heures et les jours qui suivent la séance de tatouage. La peau, fraîchement traumatisée par les aiguilles, réagit en expulsant les fluides et les pigments superflus.
Ce liquide coloré peut tacher vos vêtements et vos draps, donnant l'impression que votre tatouage "fond" ou perd son intensité. Rassurez-vous, ce n'est qu'une illusion. L'encre qui s'échappe n'est qu'une infime partie de celle qui a été injectée.
La différence entre le rejet d'encre normal et une complication
Il est crucial de faire la distinction entre deux phénomènes :
- le déversement post-tatouage (normal) : c'est un mélange de plasma (un liquide corporel jaunâtre et transparent), de sang (en très petite quantité) et d'excès d'encre. Ce suintement est léger, dure généralement de 24 à 72 heures et diminue progressivement. C'est un signe que votre corps a bien entamé le processus de cicatrisation.
- le rejet d'encre pathologique (rare) : il s'agit d'une réaction inflammatoire ou allergique où le corps rejette activement et durablement les pigments d'encre. Ce phénomène est souvent accompagné de symptômes plus sévères comme des démangeaisons intenses, des gonflements persistants, des éruptions cutanées ou un suintement purulent, signes possibles d'une infection.
Dans cet article, nous nous concentrons principalement sur le premier cas, qui est de loin le plus fréquent.
Pourquoi mon nouveau tatouage suinte-t-il de l'encre ? Les causes communes
Comprendre les raisons de ce déversement est la première étape pour gérer la situation sans stress. Plusieurs facteurs, tous liés au processus même du tatouage, expliquent pourquoi votre peau rejette cet excédent d'encre.
Le processus naturel de cicatrisation
Un tatouage est, par définition, une plaie ouverte. Des milliers de petites perforations sont créées dans le derme pour y déposer les pigments. Le corps réagit immédiatement à cette "agression" en déclenchant une réponse inflammatoire, la première phase de toute cicatrisation.
Cette réponse implique l'envoi de plasma vers la zone concernée. Le plasma aide à nettoyer la plaie, à transporter les globules blancs pour prévenir l'infection et à former une barrière protectrice. En remontant à la surface, il emporte avec lui l'encre qui n'a pas été correctement encapsulée par les cellules de la peau.
L'excès d'encre injecté par le tatoueur
Pour obtenir des couleurs vives et des lignes bien définies, un artiste tatoueur doit saturer la peau d'encre. Il est inévitable qu'une partie de cette encre reste dans l'épiderme (la couche superficielle de la peau) ou ne soit pas parfaitement logée dans le derme. La peau, dans son processus de renouvellement, va simplement expulser ce surplus qui ne peut être stocké. C'est un signe que le tatoueur a fait son travail correctement en s'assurant que suffisamment de pigment reste en place.
Le rôle du plasma et du sang
Le liquide que vous voyez n'est pas de l'encre pure. C'est un cocktail composé de :
- plasma : le composant principal, qui rend le mélange fluide et collant.
- encre : le pigment en excès qui donne la couleur.
- fluide lymphatique : un autre fluide corporel impliqué dans la réponse immunitaire.
- un peu de sang : de minuscules capillaires sanguins sont touchés pendant le tatouage, mais le saignement est généralement minime.
Ce mélange forme une couche protectrice temporaire avant que les premières croûtes n'apparaissent.
Tatouage qui "bave" : comment réagir dans les premières 24-48 heures ?
La gestion initiale est déterminante pour la suite de la cicatrisation. Pas de panique, les gestes à adopter sont simples et logiques.
Les bons gestes de nettoyage
Votre tatoueur vous a certainement donné des consignes précises. Suivez-les à la lettre. En général, la routine est la suivante :
- retirer le premier pansement : respectez le délai indiqué par votre artiste (souvent entre 2 et 6 heures).
- premier nettoyage : lavez délicatement la zone à l'eau tiède avec un savon doux, au ph neutre et antibactérien. N'utilisez ni gant de toilette, ni fleur de douche, qui sont des nids à bactéries. Vos mains, propres, sont votre meilleur outil.
- rincer abondamment : assurez-vous qu'il ne reste aucun résidu de savon.
- sécher avec soin : tamponnez doucement la zone avec une serviette propre ou, idéalement, du papier absorbant jetable pour éviter toute contamination. Ne frottez jamais.
Ce premier lavage permet d'éliminer la majorité de l'encre et du plasma accumulés sous le pansement.
Faut-il appliquer un pansement ?
Après le premier nettoyage, deux écoles s'affrontent :
- laisser à l'air libre : beaucoup de tatoueurs recommandent de laisser le tatouage respirer, surtout si vous êtes dans un environnement propre.
- appliquer un nouveau pansement : si vous devez porter des vêtements serrés ou si vous risquez d'exposer la zone à la poussière, un pansement "seconde peau" (type tegaderm, dermalize) peut être une excellente option pour les premiers jours. Il protège la plaie tout en la laissant respirer et en gérant l'exsudat.
Discutez de la meilleure option avec votre artiste en fonction de votre mode de vie et de l'emplacement du tatouage.
Reconnaître les signes d'un problème : quand un tatouage qui coule est-il anormal ?
Si un léger suintement est normal, certains signaux doivent vous alerter. Une vigilance accrue vous permettra de réagir vite en cas de complication.
Dégorgement excessif ou prolongé
Un déversement est considéré comme normal s'il dure entre 24 et 72 heures. Passé ce délai, le suintement devrait avoir cessé pour laisser place à la phase de "pelage". Si votre tatouage continue de couler abondamment après 3-4 jours, c'est un signe anormal. De même, si le liquide est très épais, opaque ou malodorant, il y a lieu de s'inquiéter.
Signes d'infection à surveiller
Un tatouage qui dégorge de manière anormale est souvent le premier symptôme d'une infection. Soyez attentif aux signaux suivants :
- douleur accrue : la sensibilité doit diminuer de jour en jour, pas augmenter.
- rougeur étendue : une rougeur qui s'étend loin des bords du tatouage.
- chaleur persistante : la zone reste chaude au toucher après 48 heures.
- gonflement important : un œdème qui ne dégonfle pas.
- pus : un liquide épais, jaune ou verdâtre, souvent malodorant.
- fièvre : si vous développez de la fièvre, consultez un médecin sans tarder.
En présence d'un ou plusieurs de ces symptômes, contactez votre tatoueur et consultez un professionnel de santé.
Guide pratique : que faire si mon tatouage continue de dégorger ?
Si le suintement est léger mais persiste un peu plus longtemps que prévu, sans signe d'infection, voici quelques ajustements à apporter à votre routine de soins.
Étape 1 : nettoyer la zone avec soin
Continuez de nettoyer votre tatouage 1 à 2 fois par jour. Assurez-vous que vos mains sont impeccables avant chaque soin. Un nettoyage trop fréquent pourrait irriter la peau et prolonger la phase de suintement.
Étape 2 : hydrater sans étouffer la peau
L'hydratation est essentielle, mais l'excès est contre-productif. Appliquez une très fine couche de crème cicatrisante recommandée par votre tatoueur. Une couche trop épaisse peut obstruer les pores, emprisonner les bactéries et empêcher la peau de respirer, favorisant ainsi le suintement. L'objectif est de soulager la sécheresse, pas de "graisser" le tatouage.
Étape 3 : contacter son tatoueur
N'hésitez jamais à contacter votre artiste. Envoyez-lui une photo claire et décrivez la situation. Un professionnel expérimenté saura immédiatement vous dire si la situation est normale ou si elle nécessite une attention particulière. Il est votre meilleur allié pour une cicatrisation réussie.
La cicatrisation d'un tatouage qui a dégorgé : à quoi s'attendre ?
Un tatouage qui a beaucoup suinté peut avoir une apparence légèrement différente durant sa guérison, mais le résultat final est rarement compromis si les soins sont bien faits.
L'apparence du tatouage après la phase de suintement
Une fois le déversement terminé, la peau va commencer à peler, un peu comme un coup de soleil. C'est une étape tout à fait normale. Des croûtes fines peuvent se former. ne les grattez surtout pas ! Les arracher pourrait emporter l'encre avec elles et créer des "trous" dans votre tatouage.
La retouche est-elle inévitable ?
Dans la grande majorité des cas, non. Le déversement d'encre ne concerne que l'excédent. L'encre principale est bien ancrée dans le derme. Cependant, si la cicatrisation a été compliquée (infection, grattage des croûtes), il est possible que certaines zones soient plus claires. La plupart des tatoueurs incluent une séance de retouche gratuite dans leurs tarifs, à effectuer une fois la peau complètement guérie (environ un mois plus tard).
Prévention : comment minimiser le risque qu'un tatouage dégorge ?
Bien que le phénomène soit en partie inévitable, certaines précautions peuvent en réduire l'intensité et la durée.
Choisir un artiste tatoueur expérimenté
Un tatoueur qualifié maîtrise parfaitement la profondeur à laquelle il doit piquer et la quantité d'encre à injecter. Une main experte limite le traumatisme de la peau, ce qui se traduit par moins de saignement et un suintement moins abondant.
Préparer sa peau avant la séance
Arrivez à votre rendez-vous en bonne santé. Une peau bien hydratée (buvez beaucoup d'eau les jours précédents) et saine réagira mieux. Évitez l'alcool et les anticoagulants (comme l'aspirine) 24 heures avant, car ils fluidifient le sang et peuvent augmenter le saignement et le déversement.
Suivre à la lettre les consignes de soin post-tatouage
C'est le point le plus important. La routine de nettoyage et d'hydratation n'est pas une suggestion, c'est une prescription. La négliger est la porte ouverte aux complications et à une cicatrisation difficile.
Faq : tout savoir sur le tatouage qui dégorge
1. Est-ce que tous les tatouages dégorgent ?
Presque tous, mais à des degrés divers. Les grands aplats de couleur ou les remplissages noirs ont tendance à dégorger plus que les lignes fines et les ombrages légers.
2. Combien de temps un tatouage dégorge-t-il normalement ?
Généralement entre 24 et 72 heures. Au-delà de 3 jours, il est conseillé de surveiller attentivement et de contacter son tatoueur.
3. Un tatouage qui dégorge beaucoup perdra-t-il ses couleurs ?
Non, ce n'est que l'excès d'encre qui est expulsé. Le résultat final ne sera pas affecté si la cicatrisation se déroule bien.
4. Puis-je faire du sport si mon tatouage suinte ?
Il est fortement déconseillé. La transpiration excessive peut irriter la plaie et les salles de sport sont des environnements riches en bactéries. Attendez au moins la fin de la phase de suintement.
5. Le type d'encre influence-t-il le déversement ?
Moins que la technique du tatoueur. Cependant, certaines personnes peuvent avoir des réactions plus marquées à certains pigments, notamment les encres de couleur (le rouge étant le plus connu).
6. Que faire si mon ancien tatouage se met à suinter ?
C'est extrêmement rare et anormal. Un tatouage cicatrisé ne doit jamais suinter. Cela peut être le signe d'une réaction allergique tardive ou d'une infection cutanée. Consultez un médecin sans attendre.
7. Le déversement d'encre est-il douloureux ?
Le phénomène en lui-même n'est pas douloureux. Il fait partie de la phase de cicatrisation initiale où le tatouage est sensible, comme une éraflure ou un coup de soleil.

Conclusion : un tatouage qui dégorge n'est pas une fatalité
Voir son tout nouveau tatouage suinter de l'encre est une expérience qui peut sembler déroutante, mais qui est, dans l'immense majorité des cas, une étape saine et naturelle du processus de guérison. C'est le signe que votre corps travaille activement à intégrer cette nouvelle œuvre d'art à votre peau.
La clé est de rester calme, d'observer et d'agir avec méthode. En suivant scrupuleusement les consignes de votre tatoueur, en adoptant une hygiène irréprochable et en étant attentif aux rares signes d'infection, vous transformerez cette phase de suintement en un simple souvenir. Votre patience et votre rigueur seront récompensées par un tatouage aux couleurs éclatantes et aux lignes nettes, parfaitement cicatrisé et prêt à être admiré pour les années à venir.